
La situation difficile que traverse le Daring Club Motema Pembe continue de faire couler beaucoup d’encre. Entre contraintes financières, incertitudes administratives et tensions autour de sa base populaire, le club vert et blanc se retrouve à un moment charnière de son histoire.
Dans ce contexte, la rédaction de Échofoot RDC s’est entretenue avec Abed Mboyo, l’un des responsables de communication du club, afin d’apporter des éclaircissements sur plusieurs dossiers sensibles, notamment les sanctions de la FIFA, le moratoire de 90 jours et les perspectives sportives.
Sanctions FIFA et moratoire : une pression immédiate
D’emblée, la question des sanctions imposées par la FIFA illustre l’ampleur des difficultés auxquelles le club est confronté, avec une exigence financière devenue incontournable.
Réponse de Mr Abed :
« DCMP fait face à des enjeux administratifs et financiers : sanctions FIFA, moratoire et échéance de 90 jours. La résolution repose principalement sur le paiement des sommes réclamées : montant final communiqué 325 000 dollars pour régularisation immédiate. Historiquement une décision initiale évoquait 632 000 dollars et un retrait de 24 points, puis des recours et ajustements ont modifié la situation. »
Un moratoire sous condition de régularisation

Dans la continuité de ces sanctions, un délai a été accordé au club, ouvrant une courte fenêtre de régularisation tout en maintenant une forte pression institutionnelle.
Réponse de Mr Abed :
« La FIFA a infligé des sanctions puis des décisions ont été contestées par des recours juridiques impliquant la Fédération et les avocats du club. Suite aux recours, la FIFA a accordé un moratoire et une période de grâce de 90 jours pour régulariser avec les créanciers. À l’issue des 90 jours la FIFA pourra statuer à nouveau. »
Ce moratoire, aligné sur la fin de la saison selon le calendrier FIFA, renforce le caractère urgent de la situation et place le club dans une véritable course contre la montre.
Dossier financier et TMS : entre allègement et contraintes techniques
Parallèlement, le dossier financier a connu une évolution notable, marquée par une réduction du montant exigé, sans pour autant lever toutes les contraintes.
Réponse de Mr Abed :
« Les premiers montants demandaient 632 000 dollars, puis la notification récente fixe une exigence de 325 000 dollars à payer dans le délai accordé. »À cela se sont ajoutées des difficultés d’ordre technique, qui ont ralenti le traitement du dossier.« Le club n’avait pas accès complet au portail TMS. Ces blocages ont freiné la fluidité des recours et des négociations avec les instances concernées, empêchant la bonne réception et gestion des notifications et échanges directs avec la FIFA. »
Ainsi, malgré un allègement relatif de la dette, la résolution demeure conditionnée à un paiement effectif dans les délais impartis.
Mobilisation des supporters : un affaiblissement préoccupant
Au-delà des aspects financiers, la crise actuelle met en lumière une baisse sensible de la mobilisation autour du club, longtemps considéré comme l’un de ses principaux atouts.
Réponse de Mr Abed :
« La résolution de la crise a également impliqué plusieurs acteurs internes, notamment les comités Paul Kacembele, qui se battent afin de trouver des pistes de solutions pour régler cette situation afin de remettre DCMP dans les bonnes voies. Du côté des supporters, les campagnes de collecte ont rapporté des montants modestes, insuffisants face aux montants requis. »
Dans les faits, les sections communales, autrefois très actives, se font désormais plus discrètes, tandis que les contributions financières peinent à suivre le rythme des besoins du club. Une situation qui rappelle néanmoins un principe fondamental.« DCMP n’appartient pas à une personne ou à une structure, mais à tous les Imaniens. »
Une activité sportive maintenue malgré les incertitudes
Sur le plan sportif, le club s’efforce de préserver une certaine continuité, même si le contexte actuel pèse inévitablement sur le groupe.
Réponse de Mr Abed :
« L’équipe continue les entraînements et matchs amicaux. La situation affecte le moral et la régularité des compétitions. » La gestion de l’effectif constitue également un enjeu important dans cette période de transition. La rotation d’effectif est une réalité saisonnière. En moyenne, 40 % à 60 % des joueurs peuvent changer d’une saison à une autre selon les contrats et performances. Cependant, DCMP dispose également de joueurs sous contrats longs (3 à 5 ans), ce qui permet une certaine stabilité malgré les turbulences. »Concernant une éventuelle relégation, aucune décision officielle n’a, à ce stade, été entérinée par les instances compétentes.
Marché des transferts : prudence et respect des engagements
Dans ce contexte, la gestion du mercato reste particulièrement encadrée, avec une attention portée au respect strict des contrats en cours.
Réponse de Mr Abed :
« Le joueur Véné Arsène est sous contrat avec DCMP jusqu’au 30 juin. Un transfert effectif ne pourra intervenir qu’après expiration de son contrat au Daring. »Le club adopte ainsi une posture prudente, évitant toute décision précipitée susceptible de fragiliser davantage sa situation.
Une échéance décisive en ligne de mire
À mesure que l’échéance approche, l’ensemble des efforts converge vers un objectif central : sortir de la crise dans les délais imposés.
Réponse de Mr Abed :
« L’échéance majeure est la fin du moratoire de 90 jours. Les solutions passent par le paiement, les négociations et la mobilisation collective. »
Le suivi du règlement des 325 000 dollars se poursuit actuellement en coordination avec les différentes parties concernées, notamment la FIFA et la Fédération, dans l’attente de décisions déterminantes pour l’avenir du club.À travers cette séquence délicate, le Daring Club Motema Pembe joue bien plus que sa stabilité immédiate. Entre impératifs financiers, exigences institutionnelles et nécessité de raviver l’engagement populaire, c’est toute la structuration du club qui se trouve aujourd’hui mise à l’épreuve.
Innocent Ndafondo